Quelle politique publique pour la décarbonation des sites industriels ? Réflexions à partir du cas du captage et stockage du carbone dans l’industrie cimentière

Maison des Sciences Economiques, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne 112 Bd de l’Hôpital, Paris 13
23 juin 2026 to 23 juin 2026 09:00 - 12:00

Séminaire organisé par la chaire Energie et Prospérité

Quelle politique publique pour la décarbonation des sites industriels ?

Réflexions à partir du cas du captage et stockage du carbone dans l’industrie cimentière

Contexte et objectif

Un rapport récent de la Direction générale du Trésor analyse les grands enjeux économiques de la transition vers la neutralité carbone pour l’économie française, en croisant les dimensions
macroéconomique et sectorielle, et en intégrant les enjeux pour les entreprises, le marché du travail,
le commerce extérieur, les ménages et les finances publiques. En ce qui concerne les secteurs
industriels fortement émetteurs (acier, aluminium, ammoniaque, ciment, chaux…) cette transition implique d’importants investissements, dont le financement devra être partagé entre secteurs public et
privé.
L’objectif du séminaire est d’engager une réflexion sur les instruments de politique publique (tarification du carbone, subventions, réglementations) à partir d’un cas emblématique, celui du captage et stockage du carbone (CSC) dans l’industrie cimentière. Le secteur du ciment est en effet largement reconnu comme difficile à décarboner et l’un des plus émetteurs de CO₂. Selon le Net Industry Tracker (Forum économique mondial, 2023), la production mondiale de ciment a généré 2,6 gigatonnes (Gt) d'émissions de CO₂, soit 6 % des émissions totales de gaz à effet de serre. Sur ce total, 1,3 Gt proviennent des émissions incompressibles liées au processus de production (décarbonation du calcaire par voie chimique).

L’ADEME a publié en 2021 un plan de transition sectoriel de l’industrie cimentière en France. Ce plan met en évidence :

  •  Les limites des politiques incrémentales de décarbonation (combustibles alternatifs, ratio
    clinker/ciment, ciments verts…) ;
  • La nécessité de recourir à une innovation de rupture (CSC) indispensable pour éliminer les émissions issues du procédé chimique de production de clinker.

Plusieurs éléments amènent à penser qu’une réflexion sur les instruments de politique publique serait la bienvenue ;

  • Des appels à projets ont été lancés tant au niveau national (France 2030) qu’au niveau
    européen (European Research Fund) pour financer la décarbonation des grands sites
    industriels ;
  • Après une période de procrastination les états-majors des entreprises cimentières se mobilisent pour lancer des projets de CSC ;
  • Les discussions en cours sur l’évolution de l’EU-ETS (niveau du prix du CO2, taxe aux frontières, maintien des allocations gratuites…) sont susceptibles de remettre en cause les trajectoires de décarbonation.
Agenda du séminaire
  • Accueil des participants et mot de bienvenue (Guy Meunier, INRAE, Chaire Energie et Prospérité)
  • Les enjeux de la transition vers la neutralité carbone pour les secteurs industriels fortement émetteurs (Maya Bacache Beauvallet, Conseiller maître, Cour des comptes)
  • Présentation d’un cas d’école pour poser les enjeux stratégiques de la décarbonation d’un secteur industriel par un investissement de rupture fortement capitalistique (Jean-Pierre Ponssard, CNRS-Ecole Polytechnique, Chaire Energie et Prospérité)
  • Présentation de l’état des lieux en matière de CSC du secteur cimentier sur le marché
    européen (Christophe Caron, SIRAH-Consulting)
  • Table ronde présidée par Vincent Mages (Conseil en Développement Durable) avec la participation de Patrick Criqui (Gaël, Grenoble, France Stratégie), Autres invités en cours de confirmation.
Informations pratiques

Gratuit sur inscription

Maison des Sciences Economiques, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne – 112 Bd de l’Hôpital, Paris 13

23 juin | 9h00-12h00

 

Possibilité de rejoindre l’événement par zoom